Jan 292016
 

Au meilleur des 7 manches, le pilote Suisse Stefan Wyss remporte la Coupe de Monde 2015, qui se déroulait à Valle de Bravo au Mexique, devant les français Julien Wirtz,  l’italien Luca Donini et  Alexandre Jofresa, tous sous Ozone Enzo 2. A noter également la belle 9e place de Jean-Marc Caron qui inaugurait sa nouvelle Niviuk Icepeak 9. Côté femmes, Seiko Fukuoka-Naville (32 e) devance Laurie Genovese, toutes les deux également sous Enzo 2. Capture d’écran 2016-02-01 à 18.01.59

Jan 202016
 

Après 4 manches, le français Alexandre Jofresa est en tête devant le pilote Suisse Stefan Wyss, tous les deux sous Ozone Enzo 2. Chez les dames, Seiko Fukuoka-Naville (Enzo 2), 19e au général, domine. Laurie Genovese (Enzo 2) est pour l’instant seconde à 100 points de Seiko. A noter aussi,  la victoire de Luc Armant sur la 4e manche. La compétition doit se terminer le 23 janvier.

Capture d’écran 2016-01-20 à 18.24.24

Jan 082016
 

« Si tu ne vas pas à la Coupe Icare,

la Coupe Icare ira à toi »

Auvergne, 21 janvier, Clermont-Ferrand

Tarn, 29 janvier, Albi

Paris Ile de France, 29 janvier

Scénario
Comme les autres animations de la Coupe Icare, le festival du film est venu s’ajouter, au fil du temps. L’automne dernier, 42ème Coupe Icare, 33ème édition du festival et 3ème édition du festival « Hors les murs ». Daniel Raibon-Pernoud, président de l’association organisatrice a coutume de dire : « Depuis le début, ce sont les pilotes qui font la Coupe Icare. Nous, on est juste là pour rendre tout ça possible. Elle se fait toute seule! » Si la Coupe Icare se faisait toute seule, ça se sauraitIMG_8043. C’est tellement chouette qu’il y en aurait partout ! Il n’y en a qu’une, mais on a de la chance, c’est chez nous, et ça fait plus de quarante ans que ça dure !

Le palmarès du festival a commencé par descendre du plateau des Petites roches pour aller à Grenoble avant de s’exporter à Paris. Puis, en 2014 les choses sérieuses commencent, la Coupe Icare monte une solide promotion auprès des ligues et des comités départementaux. Elle met gracieusement à disposition les films primés au festival. Succès immédiat, une petite dizaine de projections sont organisées aux quatre coins de l’Hexagone, dans des cadres divers, la plupart du temps à l’occasion d’une AG. s lors, les « Hors les murs » deviennent la promotion de la plus grande fête de vol libre au monde.

Moteur !
Exercice de haute voltige, offrir une programmation équilibrée à même de satisfaire un large public, mêlant documentaire, fiction, clip, moyen métrage, exploit sportif, film animalier, aventure, paysages, exotisme, humour … Cette mécanique minutieusement réglée observe également un rituel : le résumé en images. A un rythme endiablé, les séquences s’enchainent et donnent le ton de la fête, faisant partager au plus grand nombre, les meilleurs moments de la précédente édition de La Coupe Icare dans un reportage d’une dizaine de minutes.


Travelling
La Ligue d’Auvergne de Vol Libre a répondu présent dès le premier « Hors les murs ». Elle organise cette année sa troisième Nuit d’Icare Auvergne et le public est au rendez-vous. Première édition 200 spectateurs, 325 l’an dernier, salle comble, et une trentaine de spectateurs ont dû rebrousser chemin. Cette année une salle de 600 places accueille la soirée. Les spectateurs apprécient aussi la rencontre avec les pilotes qui apparaissent dans les films ou les réalisateurs invités, qui incarnent véritablement les films projetés. Le secret du succès est simplissime : tout le monde y trouve son compte.

Zoom avant

C’est l’occasion de passer une bonne soirée entre parapotes et en famille, à une saison où nous nous croisons plus rarement en l’air. A l’entr’acte, autour de la buvette casse-croûte, la convivialité est au rendez-vous.

C’est l’occasion de montrer aux élus, partenaires de tout poil et propriétaires des décollages et atterrissages, l’image d’une activité dynamique et responsable.

C’est l’occasion de rassembler les autres disciplines aériennes et activités de pleine nature, avec lesquels nous partageons notre terrain de jeu (parachutisme, vol à voile, avion, ULM, aérostation, escalade, alpinisme, randonneurs, chasseurs).

C’est l’occasion d’attirer, de donner envie au grand public d’un vol libre pluriel, dans ses différentes disciplines et pratiques. Donner l’envie de voler, pour un baptème ou un stage. La soirée sert ainsi de vitrine aux professionnels.

La communication média avant et après la soirée sert aussi tout simplement à positiver un vol libre, aussi voyant que méconnu.

Profondeur de champ

En ce début 2016, une quinzaine de Ligues et Comités Départementaux ont à nouveau répondu favorablement au festival « Hors les murs » et proposent à ce jour plusieurs rendez-vous : 

  • Auvergne, 21 janvier, Clermont-Ferrand

  • Tarn, 29 janvier, Albi

  • Paris Ile de France, 29 janvier

Autres dates à confirmer Bas Rhin, Lille, peut-être même en Chine …

 

Le « Hors les murs » se révèle donc une excellente façon de découvrir, de revivre et prolonger la Coupe Icare et obligatoirement un bon moment de vol libre à partager. Si le « Hors les murs » ne vient pas, bougez-vous, organisez-vous, faîtes-le venir. Si tu ne vas pas à la Coupe Icare, la Coupe Icare ira à toi. Ainsi aurait dit Lagardère, dans un film de parapente, de cape et d’épée.

Texte Dom Lestant.

Déc 292015
 

Le 22 décembre, Pierre Bouilloux a mis fin à sa vie. L’hommage unanime qui lui a été rendu en l’église de son village de Viuz-la-Chiesaz donne la mesure de ce que Pierre représentait pour tout notre milieu.

Nous avons tous admiré Pierre, ses triangles records, ses grands vols-bivouacs, la superbe fabrique de sellettes qu’il a su créer et hisser au pinacle. Pour beaucoup, il a été une sorte de père spirituel. Mais les griffures de la vie l’avaient bien entamé et il avait de plus en plus de mal à aborder le quotidien.

J’ai partagé avec Pierre, il y a bien longtemps, de très beaux moments dans le Sahara. C’était en 1987 entre Tamanrasset et le refuge du Père de Foucault. Nous étions venus là pour grimper et voler. Pierre, à l’époque, était un deltiste renommé et un grand alpiniste. Il avait ouvert de grandes voies, notamment dans les faces Nord de l’Olan et Sud de la Meije. Le soir nous dormions à la belle étoile, enroulés dans nos duvets à même le sable. Sous un ciel dont la limpidité laissait voir des milliards d’étoiles, nous parlions de nos projets. Pierre avait laissé tomber Paris et son métier de kinésithérapeute pour créer à Annecy une école d’enseignement du deltaplane et du parapente. Le local de l’école, 12 rue Mandallaz, abritaient quelques machines à coudre qui lui permettaient de fabriquer les premiers harnais pour le vol libre. Dans la nuit saharienne Pierre me parlait de sa quête de Dieu et de son projet d’agrandir son petit atelier de couture, pendant que moi je lui expliquais mon projet de créer Parapente Mag. Nous rêvions tout haut, heureux et optimistes, nous nous encouragions mutuellement et c’est ainsi que sous les étoiles du Sahara s’élaboraient Sup’Air et de Parapente Mag.

Sup’Air est peu à peu devenu la plus importante entreprise française de vol libre, fabriquant des sellettes pour le monde entier. Pour ne pas tout mélanger, Pierre préfèra alors faire de l’école une entité à part : elle continua sous le nom de « Grands Espaces », avec Philippe Paillet et Damien Bertrand. Parallèlement il créa avec Bertrand Maddalena l’atelier de contrôle et réparation Rip’Air.

Tout en concevant ses sellettes et en faisant grandir son entreprise, Pierre continuait à voler beaucoup, avec le même perfectionnisme qu’au travail. Le côté simple et ludique du parapente avait eu raison de sa passion du deltaplane. Il multiplia bientôt les exploits. Dès 1992, il fit un aller-retour de 130 km. En 2003, il établit un record mondial de distance en triangle (237 km) qui allait rester imbattu durant 12 ans (*) ! Avec son idée de Cap 111, il ouvrait la voie au vol-bivouac. Chaque été, il partait, seul, se ressourcer en montagne dans des vols-bivouacs géants dont il revenait souvent avec un récit plein de poésie qu’il offrait à Parapente Mag. Lors de ces escapades, il lisait beaucoup. Un jour il me téléphona pour me dire qu’il fallait absolument que je lise un livre de René Barjavel qui s’appelait « La faim du tigre » et que je vais relire maintenant que Pierre n’est plus là. Pierre est un de ces hommes, rares, qui font une vraie recherche spirituelle, une quête parfois si intense qu’elle ne leur facilite pas toujours la vie… ou au contraire les aide à apaiser en les relativisant, les moments difficiles. Pierre avait écrit ceci : « La vie est un cadeau fragile et précieux dont nous ne réalisons pas toujours la beauté, à force de se laisser accaparer par les passions et le travail. Le vol a décuplé mon pouvoir d’émerveillement. La simple contemplation de cette richesse qui nous entoure constitue à elle seule une garantie de mieux vivre, à ne pas rater. Il y a un contraste saisissant entre la beauté de la nature et l’atroce violence qui y régule la vie. Je contemple le visage de mes filles, pétillantes de joie et d’intelligence : qui est l’architecte ? Evidemment pas le hasard ! Comme l’a écrit Barjavel : ‘ce qui crée manie sacrément bien les briques’. C’est évident : il y a une intention dans l’univers. »

Ses départs vers de longs vols bivouacs de plusieurs semaines, dans la solitude et l’engagement, étaient l’occasion de réfléchir à tout cela. Il les a souvent vécus comme des arrachements à la douceur confortable des habitudes, mais personne n’est allé plus loin que lui dans le genre.

Lorsqu’il ne disposait que de peu de temps, il adorait aller voler du Trelod, son petit paradis des Bauges. Il emportait toujours un harmonica (c’est Didier Favre qui lui avait fait découvrir cet instrument). Perfectionniste en musique comme ailleurs, il avait par exemple rencontré Jean-Jacques Milteau.

Lors de ses grands vols d’été, il se posait souvent chez nous et il restait quelques jours avec nous. Nous évoquions alors notre enthousiasme fondateur du Sahara. Un été, il proposa à Kti d’aller se poser au sommet du Mont Blanc en décollant de Plaine-Joux où nous passions nos vacances.
Une autre fois, il nous téléphone, il n’avait pas le moral. Le lendemain nous partions voler au Maroc. Nous le convainquons de venir. Il vient et partage avec nous des vols tout simples, avec voile montagne, sellette string, sans casque ni parachute de secours : cette légèreté, cette liberté le séduit et dans cette simplicité retrouvée, son moral revient.

Ces derniers temps, nous étions quelques uns, proches de lui, à tenter de lui montrer tout ce qui lui restait de positif, à commencer par sa belle complicité avec Linh, sa compagne, et la petite Mireille pour lesquelles il avait un amour profond. Mais nous n’avons sans doute pas su saisir la force et l’urgence de ses appels au secours.

Nous pensons à sa maman, à ses filles Stéphanie et Elodie, à sa compagne Linh et sa fille Mireille.
Bouiloux2010
Salut Pierre, salut l’artiste !
Pierre Pagani

(*) Pralognan-Grenoble-Annecy… et à son retour, il repose là d’où il avait décollé quelques heures plus tôt, au col de Saulces !